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Le ménage en toutes lettres by Isaure

V comme vie privée...

... ou pourquoi je déteste assurer le SAV 24/24

Lorsque je suis devenue femme de ménage à plein temps, je croyais que le travail s’arrêtait quand la porte du client était fermée.

Faux ! Après l’heure, c’est souvent encore l’heure.
Sur le chemin du retour, à la maison, n’importe où et n’importe quand, vous pouvez être poursuivie par des SMS qui chamboulent tout.
Exemple ? « Merci de venir aujourd’hui plutôt à onze heures qu’à dix. » Pas de « si ça vous est possible » ou de « pardon pour ce déplacement in extremis ». Déjà, il y a un « merci », je devrais m’estimer heureuse…

Autre exemple ? Vous dînez tranquillement quand votre téléphone se met à vibrer.

MESSAGE URGENT : « Qu’avez-vous fait du formulaire de réinscription à la crèche qui était en évidence sur la crédence de l’entrée » ? Parfois, vous savez que le papier n’y était pas. Mais parfois, vous passez une nuit à vous demander si vous êtes si sûre de vous… voire si, en déplaçant le formulaire pour dépoussiérer le meuble, vous n’avez pas détruit la vie d’une famille.
Curieusement, aucun SMS ne vient jamais vous dire : « On l’a retrouvé, c’est ma femme qui l’avait déjà posté ». Ni, bien sûr : « Pardon pour le dérangement, et bonne soirée. » Pensez !
Cela étant, il arrive que les barrières entre vies privée et professionnelle s’estompent aussi parce que les patrons sont polis. On vous demande alors vos goûts. Vous dites que vous êtes allée voir un opéra. Et les choses se gâtent : on s’inquiète de savoir qui était le chef de chœur, si le tempo du troisième acte n’était pas un peu lent par rapport à la version de référence de Trucmuche… Très vite, mes limites et ma timidité me bloquent. Je ne sais plus rien, j’ai tout oublié, je souris bêtement ; et je repars de ces entretiens, pourtant cordiaux, avec la honte d’être passée pour une cruche (que je suis peut-être, mais ça n’empêche pas d’être vexée).

Bref, si, avec les années, une conviction ne m’a jamais quittée, c’est que j’aime travailler sans personne autour de moi, et cloisonner : le boulot, c’est le boulot, que le boulot, et c’est tout. Mais je sais bien que la réalité n’est pas aussi simple – c’est ce que l’on doit appeler l’expérience !

Ça me plaît bien… et vous ?

Parmi les trucs qui tournent dans ma tête en ce moment, il y a l’idée qu’Indochine va sortir un album presque bientôt. Bien ? nul ? De toute façon, je l’achèterai et j’irai entendre Nicola Sirkis en concert ! Et vous, de qui êtes-vous groupie ?

 

Isaure et Bertrand Ferrier

A lire aussi :
Mémoires d'une femme de ménage d'Isaure (Grasset 2012)

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2 commentaires
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Après, c'est sur que c'est encore plus facile pour eux d'être désagréable parce que c'est par sms qu'ils sévissent.

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2

Hé hé... soit les patrons sont impolis, soit ils sont polis et ça bloque un peu... En fait, on n'est jamais content de son patron, c'est un peu ça, non?

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