Quels sont les principaux enjeux d'avenir pour la garde d'enfants de moins de 3 ans en France ?
Hélène Périvier :
Repenser la prise en charge de la petite enfance exige de prendre en compte divers objectifs. Les enjeux soulevés sont d’une part sociétaux, d'autre part économiques.
Enjeu de société, avec notamment la question de la place accordée au très jeune enfant, avec celle de l’égalité femme/homme et d'un repositionnement du rôle respectif de chacun(e), et la question de l’égalité des chances.
Enjeu économique avec le dynamisme de l’activité des femmes, la lutte contre la pauvreté, le développement du secteur des services à la personne, et la qualité des emplois créés…
Que faire face au vieillissement de la population des assistantes maternelles ?
H.P : Le vieillissement de la population des assistantes maternelles reflète le manque d’attractivité de ce métier, qui offre peu de perspective d’évolution. Il couvre des situations professionnelles hétérogènes tant du point de vue des salaires que de l’amplitude des horaires. Les assistantes maternelles sont souvent peu diplômées et ont acquis une faible expérience professionnelle, elles exercent le plus souvent ce métier par défaut et non par vocation. Elles sont par ailleurs demandeuses de relais assistante maternelle qui leur permettent de rompre avec l’isolement et leur offrent un lieu de socialisation. Professionnaliser davantage ce métier et offrir des possibilités de mobilité en créant des passerelles avec les crèches sont des pistes d’amélioration à explorer.
Quelles propositions concrètes pourraient mettre en avant les candidats à la Présidentielle ?
H.P : Il faudrait penser la prise en charge des jeunes enfants dans une optique globale : par exemple on ne peut pas réformer le congé parental pour le rendre conforme au principe d’égalité entre les sexes, sans avoir au préalable élargi l’offre d’accueil. Or le manque de place est estimé à 500 000. Une montée en charge de l’accueil collectif des jeunes enfants devrait être articulée avec l’accès à la scolarisation : par exemple ces dernières années on a créé des places d’accueil pour les moins de trois ans tout en réduisant l’accès à la scolarisation des enfants de cette tranche d’âge : le gain net en terme de prise en charge est quasi nul ! Par ailleurs, le coût de la scolarisation d’un enfant de trois ans est deux fois moindre que celui de la prise en charge d’un enfant du même âge en crèche ! On voit bien qu’une vision globale s’impose…
*Programme de recherche et d'enseignement des savoirs sur le genre
Propos recueillis par Sandrine GOLDSCHMIDT
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