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Dame de compagnie : un métier d'avenir

Si vous avez entre 18 et 80 ans et le contact facile, si vous aimez discuter et si vous avez une bonne capacité d'écoute, vous pouvez proposer vos services comme homme ou dame de compagnie auprès des personnes âgées.

Dame de compagnie : un métier d'avenir

Cette activité vous procurera un complément de revenu et la très grande satisfaction d'éclairer la journée de personnes souvent très seules. Mais que fait exactement une dame de compagnie ? Et ce métier a-t-il de l'avenir ?

Qu’est ce que fait une dame de compagnie ?
Historiquement, la dame ou demoiselle de compagnie était « l'assistante personnelle d'une reine, d'une princesse ou d'une autre dame de la noblesse ». Une définition qui n’est pas vraiment opérationnelle dans le monde moderne...
Le droit social donne une autre définition. Selon la convention collective nationale des salariés du particulier employeur, « l’homme / la dame de compagnie assure une présence auprès de personnes en veillant à leur confort physique et moral. »

Bon à savoir

Les différences entre la dame de compagnie et les autres métiers d’aide aux personnes âgées :

  • l’assistant (e) de vie assure une présence auprès de personnes âgées ou handicapées en veillant à leur confort physique et moral, et en exécutant les tâches ménagères courantes
     
  • l’auxiliaire de vie intervient auprès de personnes handicapées qui ne parviennent plus à effectuer par elles-mêmes les gestes de la vie quotidienne.
     
  • le ou la garde-malade assure une présence auprès du ou des malades, à l'exclusion de soins, en veillant à leur confort physique et moral.

Selon les acteurs de terrain, un homme ou une dame de compagnie assure principalement une présence.

Son spectre d’intervention est plus réduit que celui des assistants de vie. « La différence principale entre une assistante de vie et une dame de compagnie est la capacité à prendre en charge globalement une personne âgée, explique ainsi Laurence Amar, directrice de Nouvel Horizon Services, une entreprise de services professionnels d’aide à domicile pour les personnes âgées. Une assistante de vie intervient au domicile en prenant en charge les aspects de soins d’hygiène corporelle, hygiène de l’habitat (ménage et repassage) et les repas. Une dame de compagnie doit avoir de la conversation, savoir occuper les loisirs d’une personne, la promener… ».


Un métier peu reconnu en France

Dans le secteur de l’aide aux personnes fragiles, des diplômes sont de plus en plus souvent nécessaires. Les métiers d’auxiliaire de vie requièrent une formation sanctionnée par le diplôme d’État d’auxiliaire de vie sociale (DEAVS).

Les assistants de vie doivent passer le titre professionnel délivré par le ministère du travail. Et dans le cadre des sociétés de service à la personne, ils bénéficient du dispositif de validation des acquis de l’expérience (VAE). Pour les dames ou les hommes de compagnie, qui travaillent généralement en indépendant, cette absence de diplôme peut devenir un vrai problème. En témoignent des messages parfois assassins relevés sur internet. « Pas de qualifications particulières ? Pas de formation dans la relation d'aide ? Autrement dit la porte est ouverte à toutes les bonnes comme les mauvaises volontés !

En France les entreprises et les associations n’ont pas l’air d’encourager ce métier. « Nous préférons valoriser les assistantes de vie, qui accompagnent les personnes dans tous les aspects de leur vie, y inclus dans leurs difficultés. Il y a une responsabilité de l’ordre du projet de vie, qui va bien au-delà de la simple présence », indique Philippe Hédin, directeur de la Vie à Domicile, association de soutien à domicile aux personnes âgées, dépendantes ou handicapées.

D’ailleurs, les prix pratiqués par les entreprises ou les Associations ne favorisent pas la consommation : comptez aux alentours de 20 euros de l’heure en mode prestataire et 6 800 euros mensuel pour une présence 24 heures sur 24 (tarifs avant déduction fiscale), chez une entreprise comme Nouvel Horizon Services. Rares sont les personnes qui peuvent se le permettre.

La dame de compagnie de qualité apparaît donc aujourd’hui, en France, comme une espèce plutôt rare et réservée à une certaine catégorie sociale. Nos anciens bénéficient davantage du soutien médico-social prodigué par des assistantes de vie. Pour autant, est-elle condamnée à rester marginale ? Pas forcément, car il existe de vrais besoins de société. 90 % des seniors de plus de 60 ans vivent chez eux et aspirent à y rester… à condition d’être aidés. Deux chercheurs de l’université de Lyon-III, Pierre-Marie Chapon et Florent Renard ont par exemple mis en évidence que le territoire de vie des personnes âgées n’excède pas 500 mètres.« Or pouvoir sortir de chez soi, se déplacer librement dans la ville est un facteur essentiel du vivre chez soi », rappelle le docteur Jean-Pierre Aquino, président de la Société française de gériatrie et de gérontologie. Les dames et hommes de compagnie ont certainement un rôle à jouer dans le maintien à domicile des seniors et des personnes fragiles.
 

Aux Etats-Unis le companionship est une activité très développée

Un détour par les Etats-Unis, où le secteur des services à la personne est mature, nous ouvre une fenêtre sur les progrès que nous pourrions accomplir en France. Le companionship est la version revisitée et démocratisée de la dame de compagnie. Attraper une boîte de conserve en haut d’un placard, ouvrir le courrier, plier le linge, faire ses lacets ou ranger les photos du petit dernier : il s’agit d’une assistance pleine de connivence aux petits riens de la vie quotidienne qui ne sont plus si simples avec l’âge. Mais cela peut consister à aller faire des courses, se faire accompagner chez le médecin ou….jouer aux cartes !

Le programme est défini en concertation avec le senior et ses proches et peut aussi bien porter sur quelques heures par semaines, un mi-temps ou davantage. « Les personnes que nous recrutons sont formées en priorité à la façon d’encourager un senior et aux techniques pour aider les personnes âgées à rester engagés dans une communauté sociale et à pratiquer des activités », explique Yoshino Nakajima, chargée du développement chez Home Instead Senior Care.

Quelques-uns des services visés par le companionship :

  • Faire la conversation
  • Répondre à la porte
  • Aider au choix des vêtements
  • S’occuper des plantes
  • Rappeler les rendez-vous, tenir l’agenda
  • Parler de l’actualité et des événements historiques
  • Faire du tricot, du crochet, et autres travaux d’aiguilles
  • Jouer aux cartes, au Scrabble
  • Préparer des recettes de cuisine
  • Faire la liste des courses
  • Préparer les coupons pour les courses
  • Veiller à un usage raisonnable de la télévision
  • S’occuper du courrier, voire régler des factures
  • Louer et regarder de films
  • Rendre visite à la famille et aux amis
  • Organiser des visites, des sorties, des excursions
  • Etc.

Comment profiter en France d’une expérience américaine ?
Aux Etats-Unis, le companionship est devenu une activité économique ultra-rentable. Un véritable marché des services non-médicalisés à domicile s’est structuré en complément du secteur de l’aide médicalisée. Il fait l’objet d’une forte concurrence entre plusieurs sociétés devenues des multinationales performantes. Home Instead affiche 40 millions d’heures de services prodiguées aux seniors sur les 12 derniers mois via un réseau de 900 franchises dans 15 pays dans le monde, pour un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros en 2007. Son principal concurrent, Comfort Keeper, se targue de 500 franchises dans le monde.

Une bonne pratique à exporter en France ? Certains y songent. Le 19 août 2009, le français Sodexo, leader mondial des services de restauration, a acquis Comfort Keepers. Home Instead de son côté propose des franchises aux Français qui voudraient se lancer dans l’aventure. « Il y aura en 2025 15 millions de seniors âgés de 65 ans et plus. Cette perspective démographique crée un contexte propice pour les acteurs qui ont une passion réelle pour l’aide aux personnes âgées et ont développé une vraie vision pour le faire », affirme Yoshino Nakajima.

Les acteurs actuels de l’aide à domicile restent sceptiques. « Il s’agit d’un secteur difficile à rentabiliser, estime Philippe Hédin. Nous sommes davantage sur le mode d’une prestation de service public. » Et pourtant les besoins sont là.
Alors si les entreprises et les associations n’y voient pas bien leur intérêt, il reste l’initiative personnelle de tous ceux qui ont du temps et aimeraient le consacrer aux personnes fragiles.

 

Marie-Hélène Cammas

 

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Publié le 06/09/2010
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