De nombreux points communs
Les propriétaires d’animaux comme les parents d’enfants ont le droit de partir en vacances. La famille ou les amis ne peuvent être tout le temps disponibles, particulièrement dans les grandes villes où l’isolement fait rage et pousse à s’orienter vers ce type de service. La garde d’animaux peut se faire au domicile du propriétaire. Sur le site internet animautes.com, le vétérinaire Olivier Tondusson rappelle combien cela est rassurant pour l’animal : « Moins de stress pour votre furet : La garde à domicile lui permet de rester dans son environnement et ainsi faire oublier votre absence ». Comme les enfants, les animaux ont des besoins quotidiens : recevoir de l’affection, être nourri, être promené et ce dans un cadre familier. Céline Lorac, a d'abord fait partie d'une coopérative d'entrepreneurs avant de créer sa SARL Chapacha. Elle assure qu’en allant s’occuper de chats, elle rend heureux leurs maîtres. D’autres pets sitters gardent des animaux chez eux. Laurence Guilmet, autoentrepreneure, a créé un club VIP pour chiens : c’est à son domicile qu’elle reçoit.
Des qualités spécifiques requises
Mais comment se sont-elles lancées dans cette activité ? « J’ai pensé au type de service que j’aurais aimé trouver, indique Céline. Le chat est un choix ; c’est un animal passionnant, apaisant que je connais bien... Alors que l’enfant est un animal que je ne connais pas !» dit Céline en plaisantant. Laurence voulait être professeur des écoles, « étant de la même espèce, on est plus proche de l’enfant ! ». Finalement, c’est son chien qui lui a inspiré ce travail.
L’amour de l’animal, si important soit-il, reste insuffisant. C’est en effet le sens de la responsabilité qui prime. Comme avec les enfants, vous devez vous assurer de la sécurité de l’animal. Ainsi, en cas de déplacement au domicile d’un maître, la réactivité consiste par exemple à fermer une fenêtre ouverte. Il faut être souple comme un serpent et savoir rebondir comme une puce. « Un chat a fait un arrêt cardiaque alors que je le gardais, j’ai contacté immédiatement un vétérinaire et l’ai emporté à la clinique en urgence » raconte Céline.
S’occuper d’animaux comporte une part de risque. De fait, les chiens mordent - plus que les enfants ! Laurence a même été attaquée par une chatte ! Bien qu’habituée aux animaux de ferme depuis l’enfance, elle évoque aussi les problèmes de dominance entre chiens et humains ; pour elle, il ya des risques à garder des animaux pour les non professionnels car lorsque plusieurs chiens sont ensemble, « un effet de meute peut exister et les chiens devenir plus dangereux. » Donc comme avec les enfants, il y a des règles à respecter et un cadre à poser.
Peut-on en faire un « vrai » métier et en vivre ?
Entre une occupation ponctuelle pour certains et un vrai métier, il y a un pont. Pour Céline Lorac, c’est sur la qualité du service proposé et la disponibilité du pet sitter que se fera la différence. « J’ai compris que je n’étais plus une gardienne de chat mais une vraie chef d’entreprise et que garder les chats n’était plus un simple job, explique-t-elle. Quand on crée un service à la personne, on gère des plannings, des personnels, des clients, toute une logistique. » Aujourd’hui Céline gagne le smic et a pu engager une assistante à mi-temps. Elle envisage un déploiement via des franchises dans l’avenir. La situation est plus difficile pour Laurence qui reconnaît ne pas avoir assez développé un plan marketing : « Je pensais pouvoir gagner environ 2000 euros par mois (soit, à Paris, ce que pourrait gagner une assistante maternelle agréée avec 3 enfants), j’en suis très loin… aussi parce qu’il y a beaucoup de travail au noir », souligne-t-elle. La concurrence est là : entre ceux qui cassent les prix parce qu’ils ont une activité salariée à coté et le travail non déclaré, il faut trouver une place.
Chat alors !
Marina Lemaire