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Dépendance

J'accueille des personnes âgées dans ma famille

En France, six mille familles accueillent environ neuf mille personnes âgées ou handicapées. Jean-Paul, agréé depuis quinze ans par le Conseil général, partage sa vie de famille avec trois personnes âgées.

J'accueille des personnes âgées dans ma famille

 « Qui va s’occuper de maman ? »
Quand Germaine est rentrée d’hospitalisation, l’angoisse est montée d’un cran. « Qui va s’occuper de maman ? » a pensé Sylvie. Germaine, 85 ans, a doucement perdu la raison à la mort de son mari. Une mauvaise chute a fini par l’envoyer à l’hôpital.  A son retour, elle ne pouvait plus vivre seule. Sylvie a remué ciel et terre pour trouver une solution. En vain. « Les listes d’attente des maisons de retraite étaient trop longues et je n’avais pas les moyens de payer une auxiliaire de vie 24 heures sur 24 ». C’est finalement par bouche à oreille que Sylvie a entendu parler de Jean-Paul.

Jean-Paul accueille dans sa famille des personnes âgées et handicapées
Depuis 15 ans, cet aide soignant accueille dans sa famille des personnes âgées ou handicapées.
« Après une mauvaise expérience en maison de retraite, j’ai décidé d’accueillir chez moi des personnes âgées. Je trouvais que leurs conditions de vie étaient mauvaises. J’aimais mon travail et je me suis dit que je pourrais faire bien mieux pour elles chez moi ». Un temps, Président d’une association défendant les familles d’accueil, Jean Paul consacre aujourd’hui tout son temps et son énergie à ses hôtes. Pour en moyenne 1400 euros par personne et par mois (contre un salaire de 1500 euros en maison de retraite), Jean-Paul, la cinquantaine, reçoit jusqu’à trois personnes chez lui.

Dans son salon jaune, ses trois pensionnaires ont fini leur toilette. Germaine, pantoufles aux pieds, est assise à côté de Charlotte 89 ans, en fauteuil roulant. Dominique, 60 ans, l’air étonnamment juvénile, est atteint d’une maladie mentale : « Ca fait 10 ans, que je vis dans cette famille. Faut croire que je m’y plais » sourit-il. « Ils sont gentils avec nous » acquiescent Germaine et Charlotte. Bien vite, la discussion tourne court, les pensionnaires sont partis dans leurs pensées.

Jeux de société, lecture, télévision rythment le quotidien.

« La matinée est réservée aux soins et aux toilettes des pensionnaires, reprend Jean-Paul. L’après-midi, je la consacre aux activités, en fonction des envies de chacun. » Jeux de société, lecture, télévision rythment le quotidien.
Quand le temps est clément, la petite troupe se retrouve dans le jardin. « Charlotte et Germaine ne marchent quasiment plus et fatiguent vite.» Dominique, le plus autonome, est inscrit au club de jeu du village et va régulièrement à la bibliothèque.

« C’est une vocation »
Midi sonne. Jean-Paul, suivi de son chien Napoléon, apporte le repas. « Nous déjeunons ensemble. Le soir, je fais diner mes accueillis plus tôt afin de pouvoir dîner seul avec ma femme et mon fils. » Sa façon à lui de couper.
« Ce métier est une vocation. Il faut aimer se rendre disponible.  Je ne m’absente jamais plus d’une demi-heure. J’ai trop peur des chutes ». Le week-end, sa femme ou son fils reprennent pour quelques heures le relais, histoire de couper. Mais en 15 ans, Jean-Paul est parti une semaine en vacances. « Il est très difficile de se faire remplacer. Mon fils est plus souvent parti avec les voisins qu’avec nous» .

Pour Etienne Froment, Président de Famidac, une association favorisant l’accueil dans les familles de personnes âgées et d’handicapés « il est très important d’éviter le huit clos. Il faut que les familles, mais aussi les médecins, les assistantes sociales passent régulièrement pour éviter les mauvaises surprises.» Le Conseil général qui agrée les familles d’accueil est à ce titre très regardant et délivre peu d’autorisations. 
Pour Jean-Paul, il faut être clair: « Je ne suis pas une famille de substitution. J’offre un service de qualité, mais je pose des limites émotionnelles. » Rien ne remplace la famille naturelle. Deux week-ends par mois, Sylvie, la fille de Germaine retrouve sa mère. Pour faire plaisir à sa mère, Sylvie la conduit dans son ancienne maison ou elle a vécu autrefois avec son mari ses enfants. Mais la dernière fois, en milieu d’après-midi, Germaine était fatiguée. « Maman, m’a t-elle dit en parlant de chez Jean-Paul : « ramène-moi à la maison ».

Comment devient-on famille d’accueil ?
Cette profession nécessite un agrément délivré par le Conseil général. En premier lieu, le lieu d’habitation est vérifié : une chambre individuelle  de 9m2 (16m2 pour deux) où un chauffage et des sanitaires à proximité sont nécessaires. Ensuite, des entretiens son effectués pour évaluer la motivation de la famille. Enfin, si toutes les conditions sont réunies pour un bon accueil, le Président du Conseil général délivre un agrément pour cinq ans renouvelables.

Julie Debouville
 

Pour en savoir plus :
Comment devenir accueillant familial : http://www.famidac.fr/

 

Publié le 25/09/2012
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