| Commentaires (10) | Votes (141) Garde d'enfantsSylvie Fofana rassemble les nounous d'Ile-de-France !Un an et demi après la création de l'Association des nounous d'Ile-de-France, l'Anif, qui a déjà de nombreuses relations avec les institutionnels, comme la Fepem ou des organismes de formation, sa fondatrice Sylvie Fofana poursuit son action. Elle décide de créer un syndicat pour aller encore plus loin dans sa volonté d'organiser les nounous et de faire valoir, ensemble, leurs droits. Avec déjà plus de 600 participantes à l'association, elle espère des centaines d'adhésion, sortir les nounous de l'invisibilité à laquelle elles sont si souvent réduites, et faire entendre leurs voix sur la place publique. Ne plus se taire et se regrouper A peine sortie de son travail, elle garde des enfants à Dupleix, dans le 15ème arrondissement de Paris, Sylvie Fofana me retrouve dans un bistrot de La Motte-Piquet où elle a l'habitude de donner ses rendez-vous. Aucune trace de fatigue après ces 5 jours de garde d'enfants. Ce métier, qu'elle pratique depuis 18 ans, elle l'aime. « Je n'ai pas fait que cela pendant 18 ans. J'ai aussi été secrétaire pour une association de défense des immigrés. Mais j'y suis revenue parce que je me sens mieux avec les enfants. Ils ne sont pas hypocrites. Si un enfant n'est pas content de vous, il vous le dit. Vous présentez des excuses, c'est effacé. Il n'y a pas de rancune ». Et c'est cet amour du métier qui l'a fait tenir malgré les difficultés et les conditions de travail souvent pénibles. En 2009, après un an de bons et loyaux services chez un employeur qui l'avait choisie parmi 20 nounous parce qu'elle « sortait du lot », Sylvie Fofana s'entend dire qu'elle ne peut pas rester, parce qu'elle ne correspond plus au profil. Alors que dans son contrat il était écrit qu'elle ne faisait pas le ménage, son employeuse voulait désormais une nounou qui le fasse en plus de garder les enfants. Ayant besoin de travailler, Sylvie Fofana accepte. C'est alors que sa patronne lui dit qu'elle la prend à l'essai :« Je suis rentrée chez moi. J'étais mal dans ma peau, dans ma chair. Je me dis un an et demi, aujourd'hui, et elle veut me mettre à l'essai. Elle effaçait tout ce que j'avais fait d'un revers de la main. Pour moi ce n''était pas une proposition correcte. Donc le lendemain je lui ai dit que j'avais réflechi et allais devoir décliner son offre ». Sylvie Fofana parvient à se faire licencier. Elle retrouve rapidement une place, mais l'affaire ne la quitte pas. Un an après, elle y pense encore, « J'avais mal. Vraiment. Soit je faisais quelque chose, parce que plein de nounous ont été victimes comme moi, soit je me taisais. J'ai appelé 17 nounous que je connaissais en leur demandant : et si on s'organisait ? Si on se regroupait en association ? Pour comprendre cette convention collective, parce que quand on la connait, on peut dire aux employeurs : vous n'avez pas le droit de faire ceci ou cela. Au bout d'un quart d'heure, les ¾ m'ont répondu : pourquoi pas ? »
S’organiser en association C'était en octobre 2010. Dans la foulée, elle dépose les statuts. Un an et demi après elles sont plus de 600 à avoir suivi. L'engouement a été immédiat : "Elles sont tellement contentes qu'on s'organise. Quand on a monté l'association il y a des nounous qui m'appelaient. J'entendais des méchancetés qu'elles subissaient et j'avais mal au dos. Je prends sur moi les problèmes des autres. J'entendais des atrocités et je me disais : comment est-ce possible ? " L'association grandit, d'autant qu'elle ne se contente pas du bouche-à-oreille. Elle aménage son temps de travail pour pouvoir aller à la rencontre des autres nounous, dans les parcs. Une trentaine de parcs, deux trois par jour, une fois par semaine. Elle va dans presque tous les parcs du 15e, puis 14e, puis Créteil, à Charenton le pont. Beaucoup de banlieues proches. « Sur 10 nounous dans les parcs, explique-t-elle, il y en a 4 ou 5 qui sont Ivoiriennes. Le contact était facile parce que je disais je suis Ivoirienne. Mais je suis universelle en fait. Comme je suis musulmane, j'avais aussi un bon contact avec les Maghrébines . Les filles, quand elles me voient arriver, elles se retrouvent en moi . Le fait de savoir que je suis nounou et que je fais ça de façon désintéressée les rassurait ». Pour cela, elle demande une cotisation minime (10 euros par an), et organise des partenariats en demandant de l'aide gratuite à des syndicats (sud) ou avocats. Par ailleurs, elle donne des conseils aux nounous sur leurs droits, et les encourage à faire de la formation. « Tous les deux mois, dans nos réunions, je leur dis. Il faut que nous connaissions bien notre convention collective, pour pouvoir défendre nos droits. Mais il faut aussi que nous connaissions nos devoirs. Cela va dans les deux sens ».
Défendre mieux ses droits en créant un syndicat Mais syndicats et avocats n'étant pas payés, n'ont pu continuer longtemps aux côtés de l'Anif. Sylvie Fofana s'est donc dit qu'il fallait aller plus loin. Créer le syndicat permettra de demander une cotisation un peu supérieure (20 euros par trimestre), maintenant qu'elle a la notoriété. "Nous prendrons nos avocats que nous paierons de cette façon" dit-elle.
C'est donc une nouvelle aventure qui commence pour la toute nouvelle présidente de ce syndicat des nounous d'Ile-de-France, qui n'est pas au bout de ses rêves. Alors que le syndicat va en quelque sorte poursuivre de façon plus professionnelle et politique l'action de l'Anif, l'association va continuer d'exister. Et Sylvie Fofana continuera, toujours, à se battre. « Je ne me vois pas faire autre chose, explique-t-elle. Mon rêve aujourd'hui : que l'Anif soit une agence de placement de nounous.Quand je me bats pour elles, il peut arriver que j'adresse un courrier à l'employeuse, pour faire valoir leurs droits, et du coup, ça se passe mal, elles sont licenciées. Qu'est-ce-que je fais ? Je n'ai pas de moyens. Du coup, cela leur fait perdre leur emploi. Mon rêve, c'est que l'Anif puisse leur trouver des places de remplacement ». Ainsi, le syndicat d'un côté pour faire respecter le droit du travail par les employeurs, l'Anif de l'autre pour ne pas les mettre en difficulté. C'est une initiative unique des nounous d'Ile-de-France, que nous continuerons à suivre régulièrement dans Cnikel enquête.
Sandrine Goldschmidt Réagir 10 commentaires
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bonjour. Je suis heureuse de voir que je suis pas la seule . J'ai été la nounou du fils de Camus isabelle et Yannick Noah ( JOALUCAS). J'avais un contrat qui stipule que je devais faire 8 heures de travail par jour. En réali[...]