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GARDE D'ENFANTS

Les assistantes maternelles au coeur du débat

Gribouille, les p'tits rubis, l'île aux enfants… Depuis 2010, l'Etat autorise les assistantes maternelles agréées à se regrouper pour créer des « maisons d'assistantes maternelles » (MAM). A la rentrée, les règles de création de ces MAM seront plus strictes. Le gouvernement s'est également engagé à réévaluer la qualité de ce mode d'accueil.

Les assistantes maternelles au coeur du débat

Des maisons d’assistantes maternelles clandestines
A Marseille la semaine dernière, deux crèches clandestines ont fermé leurs portes.
Les assistantes maternelles accueillaient respectivement 14 et 20 enfants dans leur appartement, sans agrément. Elles encourent aujourd’hui plusieurs mois de prison et l’interdiction d’exercer. Interviewés par Le Monde*, les parents des enfants gardés expliquent qu’ils n’avaient pas obtenu de place en crèche. Actifs, ils n’avaient en revanche pas les moyens de faire appel à une assistante maternelle.
Cette solution, connue par le bouche-à-oreille, leur avait semblé providentielle. On estime aujourd’hui à 500 000 le nombre de places manquantes pour accueillir la petite enfance.

Depuis 2010, des maisons d’assistantes maternelles légales
Ces deux faits divers illustrent douloureusement le manque de solutions pour accueillir la petite enfance dans les grandes villes. Entre 2000 et 2010, le baby-boom et le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux ont fait reculer drastiquement le taux de scolarisation des enfants de moins de trois ans. Dans l’académie de Marseille, il a dégringolé de 72 %, un taux comparable à celui des autres villes*.

En milieu rural en revanche, le tableau est plus contrasté. Gribouille, les p’tits rubis, l’île aux enfants… Depuis le décret du 9 juin 2010, l’Etat autorise jusqu’à quatre assistantes maternelles agréées à se regrouper en « maisons d’assistantes maternelles » (MAM). Elles peuvent ainsi accueillir dans un lieu loué ou mis à disposition jusqu’à 16 enfants de 3 mois à 6 ans. Les assistantes maternelles sont entièrement autonomes pour gérer la structure et accueillir les enfants. Pour les parents, les amplitudes horaires sont plus importantes. Les tarifs de garde sont également moins élevés qu’une assistante maternelle. Du côté de ces dernières, le calcul est avantageux, de 1 000 euros à domicile à environ 1 500 euros nets en maison d’assistantes maternelles.
Le nombre de ces structures est en constante augmentation dans les petites villes et en milieu rural. Les loyers y sont faibles et les assistantes maternelles peuvent bénéficier de subventions locales. On estime leur nombre à plus de 300 en 2012.

Un avenir incertain
Les maisons d’assistantes maternelles ne font néanmoins pas l’unanimité. Les professionnels de la petite enfance – éducateurs, puériculteurs et associations – s’élèvent contre leur création depuis le départ. Un collectif a ainsi été créé : Pas de bébés à la consigne. Il réclame « l’abandon des regroupements d’assistantes maternelles, sommet de la déréglementation, avec l’absence de tout encadrement et le maintien des contrats de gré à gré avec les employeurs ». La Ministre de la Famille Madame Bertinotti a reçu "Pas de bébés à la consigne" en juillet dernier. François Hollande semble également avoir entendu ces revendications. Il s’est engagé à réévaluer la qualité d’accueil des maisons d’assistantes maternelles.

Là où le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait privilégié la création de mini-crèches, jardins d’éveil et MAM pour pallier le manque de places d’accueil de la petite enfance, François Hollande prône un retour au service public. Il s’engage ainsi à développer massivement la scolarisation des enfants de deux ans en école maternelle.

Notre avis
Dans ce contexte, que dire des maisons d’assistantes maternelles ?

Est-il judicieux de les supprimer purement et simplement comme le réclame "Pas de bébés à la consigne ?"  Ce serait faire fi de plusieurs arguments de poids.

« Le temps où les assistantes maternelles ne savaient pas aligner 2 mots sans y inclure 36 fautes commence à être révolu. Et tant mieux !!! »
Rapha, assistante maternelle, sur un forum sur les maisons d’assistantes maternelles

En premier lieu, les MAM nécessitent un agrément délivré par la PMI, qui suit de près la structure. Au 1er septembre 2012, ces agréments ne seront plus attribués au niveau local mais national. Leur obtention sera soumise à des règles plus strictes, validant les compétences et le projet des assistantes maternelles.

Par ailleurs, nombreux sont les témoignages qui montrent que les assistantes maternelles ne démarrent pas l’aventure « MAM » sans un bagage préalable, d’assistance maternelle confirmée ou suite à une reconversion professionnelle. Sur les forums spécialisés, elles déclarent toutes exercer leur métier en MAM par passion, et non plus par défaut. La possibilité pour elles de créer une structure commune est une perspective d’évolution professionnelle et une reconnaissance, loin du domicile et de la solitude.

Plus globalement, les maisons d’assistantes maternelles apportent une réponse à la désertification des campagnes françaises. Elles représentent un espace de liberté et de lien social là où postes et écoles ont déserté depuis longtemps. Depuis 2010, les maisons d’assistantes maternelles ont poussé aux quatre coins de l’Hexagone, parfois dans d’anciennes gares ou dans d’anciennes écoles remises à neuf. Pour le milieu rural, il s’agit d’une réelle innovation sociale.

Les MAM ne remplacent pas l’offre de service public, qui doit être renforcée, mais la complètent. Sur la demande du collectif Pas de bébés à la consigne, le gouvernement s’est engagé à examiner à la loupe les conditions d’accueil des maisons d’assistantes maternelles. Gageons que cet examen ne débouchera pas sur la suppression des MAM, mais sur un renforcement de la formation des assistantes maternelles et une revalorisation de la profession. Les besoins des parents et des enfants sont hétéroclites. Il n’est pas certain que l’accueil des enfants de deux ans à l’école maternelle soit adapté à tous, partout.


Marie Pragout

* Edition imprimée du Monde, jeudi 23 août 2012, page 2
** Source : Ministère de l’Education Nationale - décembre 2011

 

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Publié le 30/08/2012
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Bonjour,
Je trouve le sujet intérresant et il est important de tout mettre en oeuvre pour le bien-être des enfants. Mais il ya une remarque je souhaite faire. C'est à propos du titre et quelques lignes. Je pense qu'il en [...]

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je ne savais pas que les MAM existaient. Je trouve cela très bien et j'espère qu'elles continueront d exister. Bien sûr avec une surveillance et un suivi.
Cela peut palier à l'isolement des assistantes maternelles à leur [...]

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