Le ménage en toutes lettres by Isaure
C comme collègue...
... ou comment faire le ménage à la fois seule et à plusieurs
Un avantage d’être femme de ménage chez des particuliers ? Pas de collègue. Pour quelqu’un de solitaire comme moi, c’est inestimable !
Pourtant, il m’arrive de croiser deux sortes de collègues.
La première, c’est l’autre employée de maison.
Ainsi, chez une cliente, j’ai longtemps travaillé avec une nounou à plein temps, que mon dynamisme contaminait. Mes après-midis de service, cette quinqua sympa s’installait dans la pièce que je nettoyais, et repassait du linge au lieu de somnoler devant Sam le pompier avec le petit qu’elle gardait.
La seconde sorte de collègues… c’est le patron. J’ai remarqué que, parfois, ma présence pousse le client
– en général la cliente – à s’improviser femme de ménage. Je range ? Il s’attaque aux piles « à vérifier » depuis des mois. Je brique ? Il me demande des conseils pour laver les carreaux. Je connais ce phénomène : je ne bricole bien que quand un bricoleur est à côté de moi, prêt à récupérer une éventuelle erreur… ou à terminer le travail si j’en ai ras-le-bol en cours de route !
En fait, je ne déteste pas toujours avoir des collègues. J’aurais même aimé être gouvernante de palace – vous savez, l’inspectrice des travaux finis, qui intervient quand la suite, propre et belle, doit devenir parfaite ? À défaut, je suis à la fois femme de chambre et gouvernante ; mais, j’emploie à l’occasion mes patrons comme stagiaires. C’est classe, non ?
Ça me scotche… et vous ?
Cette semaine, j’ai vu dans le métro un groupe de jeunes-à-capuche. Ils rappaient à haute voix en proférant des insanités ; mais celui qui m’a vraiment scotchée, c’était le plus audacieux de la bande : il écoutait sa musique avec un ÉNORME casque Hello Kitty. Et vous, quelle est la provoc la plus improbable que vous ayez vue récemment ?
Isaure et Bertrand Ferrier
A lire aussi :
Mémoires d'une femme de ménage d'Isaure (Grasset 2012)