"Depuis l'an dernier, nous avons décidé de faire de ce dernier vendredi de juin (21) la journée des nounous", explique Sylvie Fofana, la présidente de l'Anif. L'association, qui existe depuis près de deux ans, rassemble 700 gardes d'enfants à domicile en région parisienne, et souhaite faire de ces pique-niques des rendez-vous de convivialité et de visibilité dans tous les squares d'Ile-de-France.
Un moment exceptionnel pour les nounous qui se retrouvent, mais aussi pour les enfants. L'occasion de déjeuner dehors, d’être réunis et d'avoir une autre interaction avec la personne qui passe tant de temps chaque jour avec elles.
Une toute jeune nounou est assise dans le kiosque, entourée d'enfants. Cela fait 3 ans qu'elle garde les enfants d'une même famille, et on la voit constamment en alerte, à l'écoute de leurs envies et réactions. Elle apprécie ce moment. "C'est bien pour les enfants. Manger dehors, rencontrer les autres femmes qui gardent des enfants, cela les change un peu, leur fait découvrir d'autres choses".
Mais tous les petits ne peuvent pas goûter les plats préparés pour l'occasion, certains sont encore nourris au biberon ou aux repas préparés d'avance. Sur la grande nappe installée par Sylvie Fofana, les spécialités de chacune s'étalent.
Toutes ont l'habitude de se retrouver au square. Mais ce moment choisi pour elles est particulier. Une façon de se retrouver, de partager nourriture et expériences, de sortir du quotidien. Surtout, de sortir de l'isolement que provoque souvent leur métier. C'est bien à cela que sert aussi l'Anif. Toutes travaillent dans le quartier. Toutes ou presque font partie de l'association. Et depuis, elles se sentent plus fortes.
"Grâce à l'association, explique l'une d'entre elles, j'ai découvert que j'avais des droits. Que les employeurs ne peuvent pas faire ce qu'ils veulent". Et toutes remercient Sylvie de les aider au quotidien, et en plus de créer des moments conviviaux.
Il est 13 heures, et le pique-nique est aussi vite remballé qu'il a été installé. Les plus âgés des enfants doivent aller à l'école, les plus petits sont ramenés pour la sieste.
Mais pendant cette heure particulière, ils auront pu participer à un moment exceptionnel dans l'année de leur nounou.
Sandrine Goldschmidt