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GARDE D'ENFANTS

Les parents vus par les assistantes maternelles

Le réseau professionnel Cnikel.com a interrogé plusieurs assistantes maternelles pour en savoir plus sur leur métier. Surprise : les enfants posent moins de problèmes que leurs parents ! Vous vous reconnaîtrez peut-être dans cette galerie de portraits…

Les parents vus par les assistantes maternelles

Le parent stressé
« Vous leur donnez à manger ? ». Les questions des parents peuvent parfois surprendre. Marie-José, assistante maternelle agréée depuis trente ans à La Courneuve, le sait bien : « Avec mon expérience, je les mets en confiance ; pourtant j’ai des mamans qui appellent plusieurs fois par jour au début, juste pour savoir s’il pleure ou pas ! ». Les jeunes parents confient leur bébé de quelques mois et ont besoin d’être rassurés. Face à ce stress, Christine, assistante maternelle agréée à Toulon, préconise de prévenir les inquiétudes du parent et de lui raconter les évènements de la journée.

Le parent jaloux
L’enfant montre parfois un si grand attachement à sa nounou que la mère peut devenir jalouse. Fina, nourrice à Ivry sur Seine depuis 20 ans, a rencontré ce cas : « Le matin, Thomas poussait sa mère dehors et lui fermait la porte au nez. Elle l’a très mal pris et a fini par le faire garder par sa grand-mère ». Suite à cette expérience, elle conseille de rassurer la mère sur sa place, et d’être très claire avec l’enfant sur les rôles respectifs de la nounou et des parents.

Le parent débordé
Pour Marie-José, la mère retardataire est vraiment celle qui dérange : « C’est souvent une maman débordée avec un seul enfant alors que nous en gérons trois en même temps ! ». Ce retard constant, parfois systématique, peut être considéré comme un manque de respect : « Je veux bien dépanner une fois mais des retards quotidiens, non ! Le feraient-elles avec leur employeur ? » interroge Christine.

Le parent commerçant

Certaines mères comptent chaque sou comme si leur vie en dépendait. D’après Marie-José, il est important de rappeler qu’elle a des vies entre les mains et non des objets : « Les enfants ne sont pas des tapis, on ne peut pas décider du prix, marchander et espérer obtenir un rabais !» Pour Fina, une âpre négociation du salaire dès le départ augure mal de la suite de la relation : « Je ne vais pas garder une maman qui va négocier. Je suis passionnée par mon métier mais tout travail mérite salaire. Et une maman qui négocie pour si peu va avoir un comportement identique pour tout (les vacances par exemple) ».

Le parent exigeant

Lorsqu’une maman a souhaité que son enfant déjeune « bio », Christine a accepté, même si la cuisine bio n’était pas encore au menu des écoles maternelles.
De même, Christine a aussi dû faire comprendre à une maman qu’elle n’allait pas « répudier » le nouveau petit garçon gardé parce que sa fille ne l’aimait pas… S’il faut pouvoir écouter les parents, toute demande n’est pas recevable.
Savoir dire non, et développer une grande maîtrise de soi semble donc conseillé pour exercer ce vrai service à la personne de… l’enfant !

Le parent copain
La bonne surprise de ces témoignages est qu’avec le temps, de vraies amitiés peuvent se créer. On assiste à l’émergence d’une maman-copine. Marie-José sent  qu’il y a une distance avec certaines mamans mais confirme qu’en trente ans de métier, d’autres sont devenues de vraies amies. Pour elle, il est important de dialoguer avec les parents : « Il faut dire les choses, ce qui va et ce qui ne va pas ». Fina aussi s’est déjà liée d’amitié. Elle sait que « si ça se passe bien avec les parents, ça se passe bien avec les enfants. Certaines mamans reviennent prendre l’apéritif quand les enfants grandissent, je me dis alors que j’ai bien fait mon métier ».


Marina Lemaire et Marie Pragout
 

Publié le 18/10/2012
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